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Extrait de mon essai «L'Enseignement coordonné»

samedi 23 mai 2015

La lecture de textes de classe et de volume de référence entre les leçons.



Les comportements de lecture de nos cohortes d’étudiants ont beaucoup changé depuis les 20 dernières années. Suis-je le seul enseignant de ce monde qui demande à ses étudiants de lire un chapitre du volume de référence ou des notes de cours entre deux leçons, pour se préparer, et de n’avoir que moins de 5% des étudiants qui le font vraiment avec concentration ? Vous reconnaissez ces comportements symptomatiques de nos élèves d’aujourd’hui ? Si les vôtres font consciencieusement leurs lectures, je vous dis «bravissimo», vous ne faites pas face à mon obstacle majeur et vous pourrez utiliser une méthode de magistral 2.0 sans l’ajustement de procédure.

La lecture n’est plus, comme dans le temps de Rousseau, la porte d’accès privilégiée aux savoirs et n’est peut-être plus considérée comme synonyme de plaisir et de loisir important ; surtout depuis l’apparition d’Internet. Il y a plusieurs raisons sociologiques et comportementales pour expliquer cette réalité et je n'aborderai pas tous les détails pour le propos du livre, je ne m’en tiendrai qu’aux conséquences pour ma pratique enseignante et pour l’élaboration de mon magistral 2.0 nouveau.

Les pratiques culturelles des jeunes sont influencées par le numérique et des études récentes expliquent les nouvelles formes de lecture parcellaires sur des supports électroniques comme l’ordinateur, la tablette ou le téléphone intelligent. Les conclusions de ces études prouvent que les périodes de lecture des jeunes sont plus courtes et souvent liées à des échanges de sociabilités sur Internet. La réalité de mes jeunes élèves de 17 à 22 ans, c’est que le téléphone intelligent est devenu leur principal terminal culturel et l’Internet, leur principal accès aux savoirs et aux connaissances. À un étudiant qui me voyait lire le journal papier avec grand étonnement, je demandais comment il se tenait au courant des développements dans l’actualité et j’ai eu comme singulière réponse : « S’il y a la guerre, je serai au courant sur Facebook dans moins de 10 minutes de l’événement ».

En raison de leur style de vie incluant les études, le travail à temps partiel, une vie sociale intense, la sociabilisation ; lorsque mes élèves arrivent au collège, la lecture concentrée et longue devient une contrainte, surtout si elle est scolaire. Ces lectures obligatoires et prescrites empêchent de «tourner en rond», dans leur espace-temps disponible, pour faire les «autres choses» essentielles à leur vie de jeunes adultes.

De plus, il faut bien prendre conscience avec lucidité et clairvoyance qu’un étudiant n’a pas obligatoirement à lire un volume de référence ou des notes de cours comme on lit un roman de Rousseau ou de Zola. L’élève peut aborder ces lectures prescriptives de façon parcellaires et fragmentaires dans l’optique d’une recherche d’informations très précises tournant autour des notions essentielles à apprendre et à assimiler.

C’est donc en tenant compte de ces réalités que je me suis demandé comment induire l’obligation des lectures préparatoires à mon magistral 2.0 efficace et nouveau. Voici ce que j’ai retenu et que j'applique :

  1. Induire le temps de lecture «parcellaire» en classe et non à l’extérieur ;
  2. Induire le temps de lecture en utilisant le volume de référence et/ou les notes de cours avec un objectif précis de recherche sur les notions essentielles à apprendre ;
  3. Utiliser le volume de référence et/ou les notes de cours comme un autre moteur de recherche de «type Google», mais sur papier, avec le lexique du livre ;
  4. Induire le temps de lecture de sorte qu’il y aura une conséquence sur les notes si l’étudiant ne le fait pas, en classe ;
  5. Construire des activités de réflexion et d’analyse sommatives obligeant l’étudiant à utiliser des citations au volume de référence et/ou aux notes de cours. Ces citations sont parties intégrantes des grilles d’évaluation.

Yves R. Morin


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