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vendredi 25 mars 2011

Le temps académique (portion 1)

En retrouvant un de mes horaires de session du cégep St-Laurent de 1976, j’ai remarqué (parce que je venais, durant le même jour, de consulter l’horaire d’une étudiante) que ces derniers (les horaires) n’ont pas changés depuis plus de 40 ans ! Toujours le même format : des leçons de trois heures sur 15 semaines et pouvant comprendre jusqu’à 9 cours par semaine, soit 27 heures de cours. La question de la cadence scolaire m’est alors venu à l’esprit. Ce rythme que l’on nous impose et que l’on inflige à nos étudiants.
Nos cégeps ont connu, depuis 40 ans, diverses réformes et  évolutions visant par exemple ; (1) l’approche programme ; (2) les nouvelles pédagogies plus actives ; (3) l’approche pédagogique des enseignants ; (4) l’intégration des TIC en classe. Mais quand est-il de la cadence scolaire? Avons-nous, depuis 40 ans, réfléchis à aménager la cadence pour moderniser et corriger les conditions de vie et d’apprentissage de nos étudiants ? L’emploi du temps qui découpe la vie pédagogique en une succession d’heures de cours/semaine est-il encore acclimaté aux nécessités actuelles, besoins et obligations de notre enseignement ainsi qu’à l’observation des rythmes d’apprentissage de chaque étudiant ?
Derrière toutes les critiques sur l’échelonnement des vacances de nos élèves, des semaines de relâche ou du fait que des étudiants qui terminent certains cours peuvent se retrouver avec des semaines de 3 jours de cours ; certaines situations mettent à jour des questions qui sont, à mon sens, beaucoup plus fondamentales et critiques.
La cadence élémentaire de «nos cours» demeure encore, en 2011, le principe de l’organisation de notre vie pédagogique et institutionnelle. Cette dernière est répartie entre les grilles de l’emplois du temps des enseignants (32,5 heures/semaine) et selon la relation suivante : trois heures – un enseignant en classe – une discipline – une matière – un cours – une classe – des étudiants en présence obligatoire et sanctionnée.
Cette cadence, ce rythme, demeure centrée sur les enseignants et l’institution et non sur les élèves. Il me semble que ce temps pédagogique n’est plus adapté aux besoins actuels de l’individualisation des apprentissages et de la diversité des étudiants.
Tenons compte du postulat de Burns et des statistiques suivantes : un étudiant moyen (avec les horaires types actuels) passera environ 36,5% de son temps/semaine en transport, soins personnels, repas, loisir et travail ; 33,5% au sommeil ; 14% en classe (avec 8 cours) 12,5% en étude, lectures et devoirs et 3,5% aux autres activités de sa vie. Nous remarquons alors que les activités d’apprentissage ne sont pas vraiment au centre de la vie de nos élèves, non ?
Au centre de nos horaires institutionnels, le temps académique est soumis à la concurrence du temps «flexible et libre» de nos apprenants (ce temps d’environ 70% comprendra le transport au cégep, les soins personnels, les repas, les loisirs, le travail rémunéré et le sommeil). En opposition au 14% de temps de classe, la concurrence est-elle loyale et juste ? Combien de fois, lorsque vous donnez un cours de 15h à 18h le jeudi, voyez-vous un étudiant quitter à la pause parce qu’il travaille à 17h ? Je me remémore aussi certains de mes groupes, au fil des années, qui venaient dans mes classes pour un cours entre 15h et 18h et qui avaient eu comme déroulement de la journée ; un cours de 8h à 11h et un autre cours de 12h à 15h. Seriez-vous en forme, vous, pour venir suivre un cours de 15h à 18h dans ces conditions ? Croyez-vous cette situation propice et idéale aux activités d’apprentissage ? 


Une de mes étudiantes, cette session, habite la région de Beloeil. Lorsqu'elle a un cours à 8h, elle se lève à 4h45 et quitte la maison à 6h pour arriver au cégep en temps, prendre son café et être disponible intellectuellement pour 8h. Sachant qu'il faut 7 ou 8 heures de sommeil pour être en forme, nous supposons qu'elle doive aller au lit vers 21h. Souvent, elle termine sa journée à 18h, arrive à la maison vers 19h. Il lui reste donc 2 heures pour quelques temps de relaxation, souper, faire des devoirs ... en seriez-vous capable sur une base régulière?
Le temps actuel et la gestion que nous en faisons n’est pas véritablement une ressource mise au service de la pédagogie efficace, ne croyez-vous pas ?
Dans mon prochain article, je discuterai de pistes de solution … au temps qui passe.


Le temps académique (portion 2)


Sources

2 commentaires:

  1. Je suis parfaitement d'accord avec cette réfexion. Le rythme effréné que l'on fait subir aux apprenants est mesurable aux nombreuses absences pour cause de «travail», «voyages», «visites chez le dentiste», «crevaisons» et j'en passe.

    Le corps humain (et le mental) sont ainsi faits qu'ils «obligent» son propriétaire à rééquilibrer sa vie au risque de flancher. C'est le bon vieux principe de la procrastination : mieux vaut prendre un temps réel d'arrêt, bien senti et planifié, sinon, dégâts en perspective ! Cette pause arrivera tôt ou tard à travers divers moments procrastinatoires souvent mal placés ou par la maladie!

    Le cours que j'enseigne en est un théorique avec une matière assez dense, répartie sur 3 heures. Ce cours se retrouve à être le troisième de leur longue journée pour la plupart d'entre eux. Pas étonnant qu'ils arrivent en classe «baillants» et assommés, malgré toute leur bonne volonté.

    Je m'exerce à offrir une performance dynamique et à créer des interactions «allumantes» pour les outiller le mieux possible, mais il reste qu'ils ne sont pas vraiment disponibles. Le corps y est, mais l'esprit, lui, vagabonde ! J'en ferais tout autant à leur place.

    À quand l'admission du café en perfusion en classe ?!

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