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mercredi 30 mars 2011

Le temps académique (portion 3)

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Dans «Le temps académique (portion 2)», nous avons soulevé quelques questions : est-ce que le cours magistral dispensé pendant 3 heures par un enseignant en chair et en os est dépassé ? Pouvons-nous penser utiliser une combinaison de formation présentielle et de «live learning» (cours à distance utilisant une connection internet et un module de e-learning) ? Pouvons-nous aussi revoir le calendrier scolaire pour libérer du temps et ne plus avoir des étudiants, dans nos classes, qui en sont à leur troisième leçon de 3 heures de la journée ?
Nous allons maintenant réfléchir à ces questions soulevées, chercher et retracer ce qui ce fait dans d’autres pays. Existe-t-il des pratiques de temps mobile, variable et flexible ? Nous parlons du temps en classe et en présentiel ainsi que le temps de l’année scolaire, le calendrier. Je limiterai ma réflexion au niveau descriptif des expériences alternatives qui ont été utilisées dans le monde et nous débuterons par le monde angle-saxon. Je garderai pour un prochain billet les aspects rapportés par les chronobiologistes sur les rythmes biologiques de l’étudiant et de l’enseignant ainsi que sur le délicat point de pouvoir placer le temps scolaire en association avec les autres temps éducatifs gouvernés par les demandes sociales et institutionnelles. Ces demandes emprisonnées par le milieu du travail et par l’image de l’enseignant dans un contexte syndical et patronal.

A. Les expériences anglo-saxonnes (Source : INRP, Institut national de recherche pédagogique, dossier numéro 60, février 2010)
1. États-Unis
Chez nos voisins du sud, le calendrier scolaire est similaire à celui que nous utilisons soit 180 jours de classe répartis sur 9 mois. Nous utilisons, pour les étudiants collégiaux, un format de 2 sessions de 82 jours (soit 164 jours) réparties sur 8 mois. Au secondaire québécois, le calendrier est aussi de 180 jours incluant environ 20 journées pédagogiques. Le président américain a soulevé, un jour, (cité par Dixon, 2010) cette question qui s’applique parfaitement à notre contexte québécois (je traduis librement) : pouvons-nous, comme société, nous permettre de concerver un calendrier scolaire qui a été élaboré pour une nation de fermiers qui avaient le besoin essentiel d’avoir les enfants à la maison, sur la terre, pour la fin de la journée et pour les mois (fin juin, juillet, début août) consacrés aux grandes cultures et récoltes ?
La question du calendrier annuel nous conduira évidemment et indirectement à la planification de nos leçons sur une base journalière et hebdomadaire. Libéré du carcan 164 jours/8 mois, nous pourrions réaménager nos horaires en conséquence et nous donner un meilleur temps pédagogique.
Les américains ont donc aménagé une structure d’étalement du calendrier scolaire pour environ 3% de leurs écoles. Une structure réduisant la période de vacances d’été à 4 ou 6 semaines et construite avec l’alternance harmonieuse de périodes scolaires et de périodes de deux semaines de congés. Un «year-round calender» qui permet, semble-t-il, d’organiser en parallèle plusieurs groupes scolaires dont les calendriers se chevauchent.
Certains diront que d'ajuster les calendriers en étalement relève plus de la problématique d’utilisation des ressources et infrastructures plutôt que de raisons pédagogiques. Je répondrai indubitablement que «oui, possible» mais en affirmant que si nous nous libérons du carcan 164 jours/ 8 mois, nous pourrions sûrement modifier les horaires pour permettre aux étudiants, entre autre, de ne plus se farcir 3 leçons de 3 heures dans une journée. Pour permettre aux enseignants de ne plus avoir de ces groupes soporifiques entre 15h et 18h. Les journées de cours ne devraient jamais comprendre plus de deux leçons pour un étudiant. Nous avons beau être des pédagogues professionnels et expérimentés mais il y a des limites à ce que le cerveau peut prendre dans une journée. Mon opinion est que 6h de leçons devrait être le maximum et idéalement cinq.

2. Royaume-Uni
Sur le site de Eurybase, vous pourrez consulter les calendriers scolaires et la structure académique de plusieurs pays. Au Royaume-Uni, la communauté étatique (les anglais, les gallois, les écossais, les irlandais du nord) a choisi d’organiser l’année scolaire en six (6) périodes de travail. Cette structure nommée «six-term school year» divise l’année scolaire de 180 jours en 6 périodes chacune ponctuée d’une semaine de congés.
Les anglo-saxons nomment notre façon de construire nos horaires (avec des périodes de leçons de 3 ou 4 heures) le «Block Scheduling». Je me suis souvent posé la question à savoir si je serais plus efficace en donnant 2 leçons de 90 minutes dans une semaine plutôt qu’une de trois heures ? Est-ce que les étudiants seraient mieux disposés ? Une étude de l’EPPI (Evidence for Policy and Practice Information and Co-ordinating Centre) à Londres révèle que la structure scolaire en leçons allongées (3 heures et plus) n’a d’impact positif sur la réussite des élèves que dans les disciplines scientifiques et sous certaines conditions d’organisation spécicifiques comme pour des leçons laboratoires. Que dans les autres domaines d’étude, cette structure n’est pas plus efficace qu’une structure plus restreinte, avec des leçons plus courtes (Dickson et al, 2010).
De plus, les écossais ont noté qu’en étendant le calendrier scolaire et en réduisant les périodes de leçons, l’école pouvait devenir l’endroit par excellence pour une grande variété d’activités et de services extra-scolaire, autant pour les étudiants que pour leur famille. Pouvons-nous convenir que nos structures ne servent pas à grand chose durant l’été et les soirs de la semaine ? Avez-vous déjà pris une marche dans le collège certains soirs, après le souper ou le samedi durant le jour ? Les écossais ont donc piloté, depuis 1999, une structure scolaire qu’ils nomment «Extended school». En voici les grandes lignes structurelles :

   Garde des étudiants du secondaire et du primaire de 8h à 18h et ouverture des locaux des collèges communautaires jusqu’à 23h, chaque soir de la semaine et les week-ends ;
   Menu d’activités étendues entre étudiants et enseignants : clubs de devoirs et de supervision, soutien scolaire aux apprentissages (minimalement 2 heures par semaine au-delà de la période de cours), cours de musique, de danse, de théâtre avec des enseignants désireux de s’inscrire avec les étudiants, apprentissage de langues étrangères, bénévolat, club d’entrepreneuriat et d’initiation au monde du travail ;
   Soutien pour les parents et la famille : information sur l’orientation, sur les programmes d’étude aux adultes, séances de cours en famille, formation parentale ;

 Offre de services spécialisés : orthophonie, santé mentale, soutien comportemental et santé sexuelle ;
    Usage communautaire des installations : usage des ordinateurs, des installations sportives et artistiques et augmentation de la formation aux adultes.

L’impact de «l’extended school» sur notre enseignement et notre pédagogie peut être très significatif. J’ai vécu cet impact au secondaire, lorsque j’étudiais dans une maison d'enseignement privée. L’impact se trouve dans le développement de relations éducatives fortes entre les enseignants et les étudiants. Et nous le savons, une relation éducative forte participe très largement à une meilleure relation pédagogique. Je me souviens de ces périodes d’activités extra-scolaires lorsque je jouais au hochey avec et contre certains de mes enseignants, de cette pièce de théâtre dont certains acteurs étaient de mes enseignants, de ce cours d’allemand que j’avais avec mon professeur de biologie comme participant, de la période de bénévolat avec des personnes agées à laquelle j’ai participé avec mon professeur d’anglais.

Dans un prochain article, je partagerai certaines pratiques pour la France et quelques pays scandinaves.

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