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Extrait de mon essai «L'Enseignement coordonné»

mardi 29 mars 2011

Le temps académique (portion 2)


Dans «Le temps académique (portion 1)» j’avais avancé que la gestion institutionnelle du temps que nous établissons n’est pas véritablement une ressource mise au service de la pédagogie efficace et que le temps académique était soumis à la concurrence du temps «libre» de nos élèves. Conséquences : la disparition des devoirs à la maison (avec la réforme du secondaire) et cette lourde tâche que nous avons, à notre niveau d’enseignement, de convaincre les étudiants de parcourir 3 pages de textes entre les leçons ou d’effectuer un travail formatif pour se préparer à la leçon suivante.
De plus, nous remarquons que la gestion des horaires, au cégep, n’a pas changé depuis plus de 40 ans. Que la relation suivante : trois heures – un enseignant en classe – une discipline – une matière – un cours – une classe – des étudiants en présence obligatoire et sanctionnée ; est toujours en vigueur depuis les années 70.
Poursuivons donc notre réflexion …
Réflexion 1 : La durée des leçons et le présentiel en classe
Je me pose des questions sur la durée de nos leçons. Cette période de trois ou quatre heures, entrecoupée d’une pause de vingt minutes ou deux de quinze, et qui demeure un aspect très déstabilisant pour les étudiants de première année, première session ; ces étudiants qui sortent du secondaire après cinq ans d’apprentissage avec des leçons de 55 minutes. Pouvons-nous imaginer et concevoir un autre mode d’organisation et sortir de cette structure rigide, ankylosée et encombrante que nous utilisons depuis 40 ans ? Comment utiliser les 45 heures/session obligatoires des cours et le décomposer en périodes qui seraient réellement au service d’un enseignement efficace et d’un apprentissage significatif.
L’enseignant, ses connaissances et ses contenus de cours ainsi que le cégep ne sont pas les seuls tenants des savoirs et des théories. Acquérir des savoirs, constuire des compétences, socialiser, s’ouvrir sur le monde ne sont plus des prérogatives de nos maisons d’enseignement ! Nos étudiants, cette nouvelle génération «TIC et multitâche», le savent de plus en plus. Bibliothèques, activités de loisir et de culture, échanges avec la famille et les amis ainsi que l’environnement social sont des vecteurs d’apprentissage et de développement personnel significatifs. Que dire aussi du Web comme ressource ? Un ami informaticien me disait à la blague : «If it’s not on Google, it doesn’t exist». Cette réflexion, aussi angoissante puisse-t-elle être, n’en demeure pas moins juste pour certaines connaissances. Les contenus théoriques de mon cours «Informatique de Gestion» se retrouvent sur le Web dans une proportion d’environ 90% (notes de cours d’autres enseignants, sites universitaires, documents spécialisés, blogs spécialisés dans le domaine, etc). L’étudiant a-t-il besoin de cette période fixe de trois heures pour vraiment venir prendre connaissance de certaines notions qu’il pourrait lire sur son écran d’ordinateur ? A-t-il besoin d’un perroquet qui lui répètera ce qu’il pourrait lire et consulter dans le confort de son foyer, sur le Web ou dans un bouquin obligatoire ?
Heureusement que nous sommes légions à avoir compris que notre action sur ce temps de 3 heures prescrit doit se composer d’activités d’apprentissage significatives qui mettent l’apprenant en action dans des tâches pratiques et authentiques. Nous sommes nombreux à parler de moins en moins en classe pour faire travailler nos étudiants tout en effectuant de l’évaluation formative régulière et en responsabiblisant ces derniers dans l’acquisition des notions théoriques selon un format «pull information» plutôt que «push».
Quelles alternatives pourrions-nous donc proposer et qui nous permettraient de se détacher de l’assujettissement du 3 heures, dans un lieux, à une période fixe et sanctionnée (dans le cas d’absences) ? Est-ce que le cours magistral dispensé pendant 3 heures par un enseignant en chair et en os est dépassé ? Pouvons-nous penser utiliser une combinaison de formation présentielle et de «live learning» (cours à distance utilisant une connection internet et un module de e-learning) ? Pouvons-nous aussi revoir le calendrier scolaire pour libérer du temps et ne plus avoir des étudiants, dans nos classes, qui en sont à leur troisième leçon de 3 heures de la journée ?


Avez-vous des propositions alternatives ?
Nous poursuivrons cette réflexion en regardant ce qui se fait dans d’autres pays


Le temps académique (portion 3)

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