License

Recherche de votre sujet par mots clés (ex: pédagogie active) OU Consulter les libellés au bas de la page, à gauche OU Consulter les 10 articles les plus populaires des 30 derniers jours, au bas de la page.

Rechercher les articles dans ce BLOGUE par mots-clés

Le texte du mois de JUIN sélectionné par les lecteurs :

Sélection du message

Venez vous joindre à nous sur FaceBook

vendredi 18 mars 2011

«Éducatosaurus» portion 3, fin





Quelques statistiques et une conclusion sur le sujet

Bowman et ses collègues ont réparti, lors de leurs expérimentations, les étudiants de 1e et 2e année d’université en 3 groupes de 89 individus. Un échantillonnage très diversifié pris dans différentes facultés.
Groupe 1 : Les étudiants devaient répondre à des courriels avant d’effectuer une tâche consistant à lire un texte à l’écran de leur portable.
Groupe 2 : Les étudiants recevaient et répondaient à des courriels pendant la lecture du même texte.
Groupe 3 : Les étudiants n’ont pas eu de courriels mais ils avaient été prévenus qu’il était possible qu’ils en reçoivent durant la lecture du texte et si tel était le cas, ils devaient y répondre.
Notes :
Ces messages courriels étaient réalistes et proches d’une vraie conversation que les étudiants pourraient avoir avec un ou une amie.
De plus, les deux tiers des étudiants ont déclaré au début de l’expérimentation qu’ils rédigeaient et recevaient souvent des courriels en étudiant.
Le travail (lire un texte sur l’écran) utilise la mémoire à court terme des étudiants (mémoire de travail).

Résultats :
Comme prévu logiquement, les étudiants du groupe 2 ont pris davantage de temps (environ 30% plus) que les autres pour terminer la lecture du texte. Ceux du groupe 1 ont travaillé le plus rapidement, sachant qu’ils ne seraient plus dérangés par la suite. Lors du test effectué à propos de la lecture, aucune différence significative n’a été observée en ce qui concerne les performances, ce travail faisant appel à la mémoire à court terme (la mémoire de travail) des étudiants et utilisait une évaluation de type traditionnelle (lecture, mémorisation, test).

Par opposition, d’autres chercheurs comme Nass et G. A. Miller avancent que même si les distractions n’ont pas de conséquences significatives sur la mémoire de travail à court terme, les effets se feraient probablement sentir sur la mémoire à long terme. Un chercheur en neuroscience, Torkel klingberg, explique dans un récent ouvrage (The Overflowing Brain: Information Overload and the Limits of Working Memory) que des expériences d’imagerie cérébrale ont montré que la région du pallidum semble être plus stimulée lorsque les gens n’ont pas de distraction lors d’une tâche. Hors, cette région est reconnue être la plus active durant l’ancrage des données dans la mémoire à long terme.

La question qui se pose sur les expérimentations de Bowman est la suivante : lequel des 3 groupes d’étudiants réussirait le mieux les tests, dans 3 mois, sans relire le texte ? Quel groupe pourrait le mieux réinvestir les connaissances du texte dans une période de temps de 3 ou 6 mois, sans relire les informations?



Avant d’avoir des résultats plus déterminants et en conclusion de ce biais, nous devrions_ comme éducateur_ nous poser la question suivante : pourquoi les étudiants flânent sur leur ordinateur et sur des sites de réseaux sociaux plutôt que d’être attentifs à la leçon et à l’enseignant ? La question et la réponse pourraient paraître provoquantes. Il faudrait, comme pédagogue, réfléchir aux méthodes que nous utilisons en classe pour animer nos leçons et mettent davantage nos étudiants en action : lectures, questions-réponses, discussions par paires ou en groupes, débats sur les notions, réflexions individuelles notées, etc. Limiter nos interventions magister qui servent à transmettre de l’information, être diversifié dans nos approches pédagogiques. Ces diverses activités peuvent même recourir à l’usage des ordinateurs pour initier des discussions virtuelles sur des webblog, par exemple.

La question que je vous pose (et que je me pose aussi) n’est donc plus «pourquoi les étudiants ne sont pas attentifs à mon cours ?» mais plutôt, «quelles activités devrais-je initier et inventer, en classe, pour faire en sorte que mes étudiants développent leur autonomie face aux contenus, leur engagement et leur motivation en relation avec leur apprentissage ?»

Si les distractions du «multitâche libre et non contrôlé» sont le propre de cette nouvelle génération et que cela nuit à notre pédagogie, nous devrions faire en sorte de tenir nos étudiants à distance de ces dernières et utiliser un multitâche dit «de balayage pédagogique», en alternance et planifié par nous. 

Reprenons le contrôle pédagogique et significatif en modifiant nos façons de faire.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire