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La fin de la grande messe

dimanche 13 novembre 2016

Sur les étudiants et leurs choix

Prof. Dr. José Marcelo Freitas de Luna
Professor e Pesquisador do Mestrado e Doutorado em Educação - PPGE/Univali
Investigador do Centro de Estudos das Migrações e das Relações Interculturais – CEMRI/Universidade Aberta
Professor Visitante da Faculdade de Letras da Universidade de Coimbra

La fin de l'année est généralement marquée par des processus de sélection pour les établissements d'enseignement supérieur au Brésil. Les élèves, en particulier ceux qui sortent de l'école secondaire, cherchent la forme d’entrée dans une faculté ou une université qui leur convient, afin de faire le cours choisi. Ils deviennent tous des universitaires ; certains d'entre eux conscients et prêts à faire et garder d'autres choix tout au long de leurs formations qui signifient le plein développement de leurs capacités intellectuelles ! Je vais parler directement au sujet de ces étudiants et de quatre de leur choix, et parler indirectement à tous ceux qui m’écoutent.

Le premier choix est d'étudier dans une université. Les étudiants qui veulent cela font face à un espace différent de celui dans lequel ils ont été à l'école secondaire. Pour son environnement composé de ressources matérielles et humaines pour la recherche et le développement, l'institution universitaire est souvent recherchée par les étudiants qui souhaitent explorer, au cours de chaque journée de formation, ses bibliothèques, ses laboratoires, ses différents espaces de l'enseignement et de l'apprentissage et ses divers programmes scientifiques, artistiques, culturels et internationaux.

Le deuxième choix est d'avoir une vie académique à l'étranger. Encouragés par le marché du travail qui valorise, de plus en plus, les compétences linguistiques et la formation professionnelle multi / interculturelle, ces étudiants sont en franc processus de mobilité internationale. En vertu des accords interinstitutionnels et des programmes gouvernementaux tels que Science sans Frontières, ils choisissent de faire l'année à l'étranger comme une possibilité de développer une langue étrangère, d'établir des relations avec les étudiants et les professionnels du monde entier et, bien sûr, d'explorer l'institution étrangère comme un espace doté de ressources humaines et matérielles, qui leur assure un échange d'enseignement et d'apprentissage complémentaire à ceux de leur origine.

Le troisième choix est de rechercher et d'échanger des connaissances systématiquement. Bien que ne visant pas à l'enseignement professionnel / chercheur, ces étudiants ont la curiosité et la volonté de trouver des solutions aux problèmes locaux et mondiaux. L'une des expressions de cette attitude d'investigation est  leur participation aux programmes de recherche scientifique et à ceux de l'éducation tutorielle. Participer à l’iniciation scientifique sera bientôt immergé dans le monde scientifique, à travers ses invitations permanentes à la revue de la littérature, l'argumentation raisonnée et le traitement méthodologique des données. Pour les étudiants,rester dans le monde scientifique est assumer le devoir formidable d'interagir autour des idées et des projets avec leurs homologues locaux, nationaux et étrangers.

Le quatrième choix est lire et écrire. Tout en restant en appréciant la littérature en général et ses genres les plus divers, ces étudiants tentent ardemment de lire et d'écrire des articles scientifiques. Ils vont faire usage nécessairement de leurs propes projets de recherche en cours et de ceux de leurs enseignants, mentors et tuteurs afin de qualifier leur production. Ils participent à des événements tels que des visites techniques, séminaires et conférences au Brésil et à l'étranger, en plus de soumettre leurs articles à des magazines et des revues professionnelles. Ils essaient de développer leur intellect et leurs capacités scientifiques et celle de la société.

La fin de l'année est souvent marquée par des critiques de nos choix. Comme étudiant et professeur - durant plus de trente ans, j’exerce encore dans une université, avec des expériences académiques à l'étranger, basées sur la recherche et l'échange de connaissances, la lecture et l'écriture. Ce faisant, je recontre beaucoup d'étudiants. Certains d'entre eux m’inviteront, presque déjà en vacances, à contribuer au maintien de leurs choix. Je l'accepterai, et je les en remercierai !

dimanche 30 octobre 2016

Pédagogie ?


À l'inverse de ce que croient la plupart des profanes, l’enseignement est un exercice éminemment et absolument rationnel, logique même. On s’imagine qu’il faut une sorte de don, on nomme cela souvent la «bosse de l’enseignement». Une passion authentique certe, mais pas un don à proprement parler. L’enseignement efficace est régi par des règles, des fondements, des concepts, des idées et des notions théoriques de base. L’apprentissage durable obéit point par point aux lois de la cohérence pédagogique et l’enseignement efficace est donc fondé sur un travail d’application de ces règles, de ces fondements, de ces concepts et de ces idées selon une logique et une cohérence pédagogique parfaites. Plus la cohésion pédagogique sera exemplaire et édifiante, plus l’apprentissage deviendra durable et ancré dans la tête de nos étudiants. 

vendredi 28 octobre 2016

"Comment stimuler la participation de mes étudiant·e·s en classe?"

Des trucs et scénarios : intéressant ...
"Comment stimuler la participation de mes étudiant·e·s en classe?" Une série de 11 témoignages d'enseignant·e·s de l'Université de Lausanne en vidéo... 

Production du Centre de Soutien à l'Enseignement

mardi 18 octobre 2016

La fin de la grande messe

Autrefois, nous entrions dans la salle de classe comme on pénétrait dans un sanctuaire. Nous traversions alors une porte imaginaire au delà de laquelle l’enseignant était le maître et l’élève était l’apprenant. Le maître livrait, donnait, structurait et l’apprenant recevait, écoutait, écrivait, assimilait ; il y avait des règles du jeu connues de tous qui n’étaient pas remises en question parce qu’elles demeureraient de toute façon immuables.
Pourtant, on peut observer que depuis le début des années 90, l’accès aux savoirs démocratisés et aux technologies a désorganisé cette messe collective que nul naguère ne pouvait et ne songeait même à interrompre. Nos étudiants de la réforme arrivent aujourd’hui en classe comme s’ils entraient dans leur salon où une télévision serait en marche. Munis de leur téléphone intelligent, ils ont passé une heure à l’ordinateur en mode dit « multitâche » : tantôt ils prennent un instant pour répondre à un SMS, tantôt ils rédigent pendant une dizaine de minutes une portion de dissertation, tantôt ils alternent l’écoute d’une vidéo sur Youtube et la recherche de documentation dans Internet et tantôt ils écoutent de la musique par l’entremise de leur lecteur audionumérique.
Dans une approche pédagogique traditionnelle de la méthode dite « sanctuaire », il semble que rien n’invite outre mesure les étudiants à consacrer leur attention à l’enseignant plutôt que d’utiliser la « zapette » pour se livrer à toute une panoplie d’activités autres que celles, incontournables, dans le cadre d’un apprentissage significatif en présentiel.
Si le « spectacle » proposé par le professeur est intéressant, ils « se branchent » alors quelques instants, dans cet espace souvent découpé comme celui qui morcelle une heure de télévision : quinze minutes de contenu, une pause commerciale et ainsi de suite. Puis, ils reprennent la télécommande et vont ailleurs (SMS sur téléphone, rédaction d’un autre travail en retard sur une tablette numérique).
Entre « le sanctuaire » d’autrefois et le « salon » d’aujourd’hui, il n’y a plus rien de commun excepté les lieux physiques qui eux, n’ont guère changés au cours des années ; il s’agit toujours d’un collège et d’une classe logés dans un espace temps qui tentent de mettre enseignant et étudiants en « relation ». Le rythme élémentaire de nos « cours » demeure encore le principe de l’organisation de notre vie pédagogique et institutionnelle. Cette dernière est divisée par les grilles de l’emplois du temps des enseignants syndiqués et selon la relation suivante : trois heures – un enseignant en classe – une discipline – une matière – un cours – une classe – des étudiants en présence obligatoire et sanctionnée. L’École se retrouve donc aujourd’hui au centre de plusieurs conditions qui se repoussent comme les pôles d’un aimant : une classe « salon » avec télécommande, des élèves « multitâches », une cadence et une grille de l’emplois du temps traditionnelle qui a été conçue pour une société de fermiers du début du siècle, plusieurs enseignants de type « maître-curé » et des pédagogies appliquées encore trop souvent verticalement.
Les technologies peuvent permettre la fin de cette verticalité stricte dans l’acte pédagogique et réduire l’usage de la télécommande chez l’étudiant « multitâche ». Cependant, si les enseignants n’utilisent ces technologies que pour mettre les élèves en contact avec des savoirs et des informations multiples, sans réflexions, ils peuvent compromettre la mission même de leurs usages. En effet, intégrer les TIC à l’école est, simultanément, une question d’ordre pédagogique mais aussi anthropologique. Si, comme pédagogue nous croyons qu’Internet ouvre la porte aux savoirs, c’est que nous connaissons mal la définition de ce qu’est le véritable savoir. Un savoir qui sera intégré ne peut être appuyé que par une exigence de rigueur pédagogique et, ce soutien pédagogique ne peut s’élaborer qu’avec l’obligation d’un rapport au savoir qui doit être médiatisé habilement par l’enseignant. L’intégration utile et pertinente des technologies en classe ne peut donc se faire que si l’enseignant se fonde sur une pédagogie exigeante, différente, active, signifiante, tournée vers l’étudiant et à travers une véritable intention de le guider vers le savoir essentiel et réel. Celui-là même qui sera intégré dans la vie sociale et professionnelle.

Yves R. Morin

La dyade compétence-connaissance

Compétence et connaissance : deux mots lourds de sens mais qui sont souvent mal utilisés hors contexte. Connaître quelque chose ne signifie pas être compétent en la matière, et apprendre n’est certainement pas accumuler des connaissances. Nous accumulons plein de choses dans nos espaces de rangement qui ne servent jamais à rien. Je connais très bien les principes de fonctionnement d’un moteur de voiture, mais je ne sais pas réparer celle-ci ni diagnostiquer un problème. De plus, si l’on n’utilise pas les connaissances que nous assimilons, nous les oublions. Il fut un temps, au moment de mes études en actuariat, où je pouvais appliquer facilement les formules de « life contengencies » dans différents contextes. Mais maintenant, je ne sais plus ; je n’ai jamais pratiqué ce métier. Désirons-nous que nos étudiants aient la tête bien pleine ou la tête bien faite ? Si nous utilisons un format de cours traditionnel magistral ... nous transmettons des connaissances.

Voilà une nuance qui explique très bien la différence entre les deux mots de notre dyade. L’apprentissage ne doit pas être uniquement une mise en relation avec des connaissances, mais plutôt un savoir-faire. Un savoir-faire transformé et maîtrisé qui n’est pas non plus une suite de réactions stéréotypées du type stimulus-réponse, comme les chiens de Pavlov. Un « savoir-faire » bien maîtrisé permettra à l’étudiant d’improviser des comportements, des réactions et des actions dans des situations diversifiées, variées et inédites qu’il n’a peut-être jamais rencontrées. En résumé, pour acquérir une compétence, il faut être en contact avec des connaissances, maîtriser parfaitement ces connaissances et développer un « savoir-faire ». Mais l’expression le dit bien… pour savoir faire, il faut d’abord faire, et faire implique nécessairement un engagement dédié à la tâche dans une pédagogie ACTIVE.

Yves R. Morin

dimanche 18 septembre 2016

Réflexions d'un professeur de discipline internationale

Prof. Dr. José Marcelo Freitas de Luna

Professor e Pesquisador do Mestrado e Doutorado em Educação - PPGE/Univali
Investigador do Centro de Estudos das Migrações e das Relações Interculturais – CEMRI/Universidade Aberta
Professor Visitante da Faculdade de Letras da Universidade de Coimbra


J’avoue mon goût pour le travail d’Anísio Teixeira, en particulier pour ses idées sur l'enseignement supérieur en tant que promoteur de l'extension de nos esprits ! J'apprécie également le texte de Reinaldo Matias Fleuri, dans sa définition de l'éducation interculturelle comme une pédagogie de la rencontre à ses conséquences ultimes. C’est bien pour ce sentiment que je suis professeur des disciplines internationales ; je me réfère à une dimension curriculaire appelée l'internationalisation sur le campus, qui est marquée par l'incorporation d'une perspective interculturelle aux objectifs d'apprentissage, au contenu du programme, aux ressources pédagogiques pour les stratégies d'enseignement, et les évaluations des disciplines. Ainsi orienté, j’espère développer chez les élèves, sur le même campus, la sensibilisation interculturelle et la citoyenneté responsable.

Dans le domaine de l'éducation, l'interculturalisme se distingue comme la condition qu’il faut établir et maintenir, pour les stagiaires et pour les professionnels, la remise en question des conceptions épistémologiques et des pratiques monoculturelles. Oui, mes étudiants - les Brésiliens et les étrangers - sont tous amenés à la lecture et à la discussion de ces textes autorisés, ainsi que ceux considérés comme marginaux ou marginalisés par les pratiques colonisantes ! Je fais cela en anglais, ce qui rend le travail plus intrigant ; c’est par l'anglais que plusieurs scénarios sont créés pour un dialogue avec l'Autre - une stratégie clé pour le développement de la compétence communicative interculturelle ! C’est par cette langue que la discipline internationale suit son cours pour interroger les impérialismes linguistiques, logiques et herméneutiques de la culture dominante. Durant les dix-huit classes de mon cours, je tente de parler et d'écouter des voix, dans de nombreux accents différents en anglais, des sens litéraux et métaphoriques de mon savoir-faire et du savoir-faire de l'Autre. Cette partie appliquée du cours est particulièrement profitable grâce aux nombreuses études de cas, intentionnellement choisies selon les critères de représentativité de la diversité culturelle comme, par exemple, la promotion du respect.

Respecter la diversité dans son altérité, ceci est un autre défi formidable. Par ma pratique d'enseignement, je certifie que les classes avec les jeunes peuvent donner lieu à des confrontations et des affrontements entre les cultures. En effet, il y a une tradition historique de l'appréciation et la dépréciation de la connaissance, qui est liée à la relation entre les cultures dominantes et celles dominées ! En tant qu'institution, l'école générale peut discriminer et marginaliser les textes et les langues, les connaissances et les cultures, les étudiants et les personnes. En fonction de leur efficacité, les étudiants peuvent même être mis en mobilité d'un pays à l'autre, mais ce processus ne conduira pas à l'ouverture à d'autres mondes possibles ! Opposé à cette pratique, je m’inspire de Fornet-Betancourt, pour qui il n'y a pas de pratique interculturelle sans une disposition importante et croissante de l'être humain à se former à vivre son identité dans la relation avec l'Autre, le dialogue dans lequel le Moi n’est pas égocentrique ! Pas étonnant qu’Edgan Morin, dans le célèbre Les sept savoirs nécessaires à l'éducation future, mette en évidence le soutien de la perspective interculturelle comme la base pour la gestion de la diversité culturelle ; et il le fait en y associant la démocratie comme base pour la gestion sociale et politique.

Cette association est opportune pour faire les considérations nécessaires à propos de la notion de la citoyenneté responsable. Étiquetée avec l'idée de citoyenneté mondiale, elle est formalisée par Oxfam International comme le concept de citoyen du monde. Dans sa définition, qui me sert ponctuellement à l'alignement entre les objectifs et l'évaluation des disciplines internationales, le profil professionnel correspondant est reconnu pour son rôle dans un monde qui est grand et entraîné par des mécanismes économiques, politiques, sociaux, culturels, technologiques et environnementaux. En tant que citoyen du monde, il fait partie et contribue à sa collectivité à la fois localement et globalement ; c’est une personne qui respecte et valorise la diversité, qui est responsable de ses actions ; le citoyen global est, enfin, irrité par le manque de justice sociale.


L'expérience de l'enseignement ici dit est marqué par le goût et le défi de voir les étudiants de différents pays et cultures élargir leur esprit par l'interaction respectueuse avec l'Autre. Cette histoire ne serait pas complète si je ne disais pas qu'il y a des limites transposables de la population en général pour signifier la nature symbiotique de la relation entre eux-mêmes, les autres et le monde. Je constate la même phénomène lorsque j’enseigne à des étudiants exclusivement brésiliens, acclimatés à notre pluralité de réalités sociales, avec ses particularités ethniques croissantes. Pour cette raison, l'éducation interculturelle devient impérative.

Prof. Dr. José Marcelo Freitas de Luna